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Incontinence urinaire

Alternate Names (FR): Perte de contrôle de la vessie, Problèmes de contrôle vésical, Incontinence

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  • À propos de
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  • Les faits

    Lorsqu'une personne ne peut contrôler son aptitude à uriner et qu'il y a perte involontaire d'urine, on dit qu'elle souffre d'incontinence urinaire. On désigne également cette affection par le terme « fuite vésicale ».

    C'est une affection très fréquente, particulièrement chez les personnes âgées. Jusqu'à 30 % des personnes âgées vivant chez elles et jusqu'à 50 % de celles qui vivent en résidences pour personnes âgées en sont atteintes. Elle touche généralement davantage les femmes que les hommes jusqu'à l'âge de 80 ans.

    Nombreux sont ceux qui croient que l'incontinence urinaire fait partie du processus normal du vieillissement, alors qu'en réalité, ce n'est pas le cas. D'autres peuvent se sentir gênées de parler de cette affection à un professionnel de la santé. Pour ces raisons, de nombreuses personnes ne cherchent donc pas à se faire examiner par un médecin et n'obtiennent jamais un diagnostic et un traitement adéquat. Dans de nombreux cas, l'incontinence urinaire peut être guérie ou tout au moins réduite de façon importante.

    Causes

    La perte d'urine peut survenir pour de nombreuses raisons qui sont liées à la vessie (le lieu de stockage de l'urine dans l'organisme) ou au sphincter de la vessie (le muscle épais qui contrôle l'écoulement de l'urine hors de la vessie).

    Même si le vieillissement lui-même n'est pas à l'origine de l'incontinence, les modifications normales qui se produisent dans les systèmes urinaires et génitaux avec l'avancement en âge facilitent l'apparition de cette affection chez les personnes âgées.

    Par exemple, la vessie et les muscles qui la soutiennent tendent à se relâcher avec l'âge, rendant le stockage de l'urine plus difficile. De même, de nombreux médicaments pris par les personnes âgées pour différents types de troubles (par ex. une pression artérielle élevée, une dépression) peuvent également accroître les problèmes de vessie et provoquer une incontinence.

    Les infections urinaires représentent une cause fréquente de l'incontinence urinaire passagère. Parmi les autres causes de l'incontinence, on retrouve la constipation importante, le délire, la dépression, les difficultés de déplacement et le diabète.

    Il existe quatre types principaux d'incontinence urinaire :

    l'incontinence d'effort : l'urine jaillit brusquement lorsque la personne tousse, éternue, fait un effort, se penche, soulève un objet ou encore rit. Toutes ces actions augmentent la pression au niveau de l'abdomen et de la vessie, provoquant l'écoulement brusque de l'urine. On retrouve cette affection le plus souvent après un affaiblissement ou un étirement des muscles qui soutiennent l'utérus et la vessie. Divers facteurs peuvent accroître le risque d'incontinence d'effort, entre autres : un accouchement vaginal, un travail long et difficile, une opération pelvienne antérieure, l'embonpoint ou l'obésité et les antécédents familiaux d'incontinence d'effort. D'autre part, la perte d'œstrogènes liée à la ménopause peut également entraîner l'affaiblissement du soutien du muscle pelvien et provoquer l'incontinence d'effort. En règle générale, l'incontinence d'effort ne se manifeste pas chez les hommes; dans ce groupe, elle se produit seulement après un certain type d'opération de la prostate.

    l'incontinence par regorgement : cette affection survient lorsque la vessie stocke plus d'urine qu'elle ne peut en contenir. Elle touche souvent les hommes âgés dont le volume de la prostate a augmenté (appelé hyperplasie bénigne de la prostate, ou HBP) ou les femmes et les hommes dont le muscle de la vessie est faible. Dans les cas d'HBP,  la prostate, plus volumineuse, appuie sur l'urètre (canal partant de la vessie servant à l'écoulement de l'urine) ou comprime celui-ci et empêche l'écoulement normal de l'urine. L'urine s'accumule alors dans la vessie jusqu'à ce que la vessie devienne complètement distendue  (étirée à l'excès) et laisse l'urine s'échapper. Parmi les autres affections susceptibles de provoquer une incontinence par regorgement, on retrouve la neuropathie diabétique et la sclérose en plaques. L'HBP chronique non traitée peut finir par affaiblir le muscle de la vessie.

    l'incontinence par impériosité : également connue sous le nom de « vessie hyperactive », cette affection provoque une envie « urgente » d'uriner à cause de spasmes musculaires au niveau de la vessie. Il est fréquent que cela se produise durant la nuit. Il s'agit du type d'incontinence le plus fréquemment rencontré chez les personnes âgées. Faire couler l'eau courante ou ouvrir la porte pour rentrer à la maison sont autant de gestes pouvant déclencher cette envie pressante d'uriner.

    l'incontinence fonctionnelle : ce type d'incontinence se produit chez les personnes qui souffrent d'incontinence par impériosité, mais qui ne peuvent se rendre aux toilettes à cause d'affections comme la démence, les accidents vasculaires cérébraux ou l'immobilité.

    Certaines personnes peuvent avoir une incontinence mixte, qui est une combinaison des quatre types. La combinaison la plus fréquemment rencontrée est l'incontinence mixte par impériosité et de stress. L'incontinence peut être temporaire (par ex. causée par une infection ou par la prise de certains médicaments) ou persistante.

    Symptômes et complications

    Les symptômes caractéristiques sont la perte involontaire d'urine, ou fuite urinaire. En cas de fuites urinaires répétées, il est important de consulter un médecin le plus tôt possible.

    De nombreuses personnes souffrant d'incontinence se sentent gênées à cause des odeurs désagréables. Elles ont tendance à éviter les sorties entre amis ou en famille. Cela peut conduire à l'isolement et à la dépression.

    Non soignée ou mal soignée, l'incontinence peut entraîner des éruptions cutanées et d'autres problèmes de peau. Si l'on ne traite pas l'incontinence par regorgement, elle peut entraîner une infection urinaire. Dans certains cas graves, la rétention urinaire représente une urgence médicale.

    Le diagnostic

    Une évaluation par un médecin représente la première étape dans le diagnostic d'incontinence urinaire. Votre médecin révisera vos antécédents médicaux, il vous fera subir un examen physique et des examens de laboratoire. Le médecin posera également des questions pour déterminer si l'incontinence survient exclusivement la nuit (nocturne) ou de jour comme de nuit, quelle quantité d'urine s'écoule et quels sont les facteurs qui la déclenchent.

    On pourra vous demander de fournir la liste des médicaments que vous prenez et de tenir un journal de vos mictions (indiquant la quantité d'apport hydrique et le volume des mictions). Cette information aidera le médecin à déterminer les raisons possibles de votre incontinence.

    Les tests de recherche de fuites d'urine, qui consistent à faire tousser et se courber, permettent de diagnostiquer l'incontinence d'effort, tandis que les tests qui mesurent le degré de vidange de la vessie permettent d'établir celui de l'incontinence par regorgement.

    Dans certains cas, des tests plus approfondis de la vessie peuvent s'avérer nécessaires pour déterminer la cause exacte de l'incontinence. Il se peut également que votre médecin analyse votre urine ou votre sang pour déterminer si des problèmes comme le diabète ou la présence d'une infection pourraient provoquer l'incontinence. Un examen pelvien ou rectal pourrait également être effectué.

    Trouver la cause du problème aidera à déterminer les traitements appropriés.

    Traitement et prévention

    L'incontinence peut être traitée avec succès chez la plupart des patients. Si des médicaments (par ex. des diurétiques, certains antidépresseurs) ou une maladie (par ex. le diabète, une vaginite atrophique) sont à l'origine du problème, il est possible d'arrêter le médicament, de lui substituer un autre médicament ou de traiter la maladie en cause.

    Dans le cas de personnes atteintes de démence ou de la maladie d'Alzheimer, il n'est pas toujours possible de traiter l'incontinence. Dans de tels cas, le port de sous-vêtements appropriés ou l'utilisation de bassins hygiéniques ou de sondes urinaires (des tubes flexibles qui canalisent l'urine) est parfois utile.

    Les options de traitement varient selon le type et la cause de l'incontinence et parmi celles-ci, on retrouve :

    les exercices du plancher pelvien ou exercices de Kegel : ces exercices sont d'un grand secours, particulièrement si vous êtes atteint d'incontinence d'effort mais peuvent également vous aider si vous êtes atteint d'incontinence impérieuse. Ils visent particulièrement les muscles du plancher pelvien. En contractant les muscles qui soutiennent la vessie, vous fortifiez et vous resserrez l'orifice de la vessie. les exercices de Kegel doivent être effectués régulièrement pour donner des résultats. Il se pourrait que 6 mois au moins s'écoulent avant de pouvoir tirer parti du plein effet de ce médicament.

    la rééducation vésicale ou entraînement comportemental : ce traitement peut être utile pour les personnes souffrant d'incontinence d'effort ou d'impériosité; environ 75 % des personnes signalent une amélioration. Vous apprenez à contrôler l'évacuation de l'urine et acquièrent des habitudes vésicales au cours d'un programme d'entraînement pouvant durer de quelques semaines à quelques mois. L'entraînement consiste à apprendre à se « retenir » pendant des périodes plus longues avant d'uriner, à uriner à intervalles réguliers, et à résister à l'envie « urgente d'uriner.»

    la perte de poids : le fait d'être en surcharge pondérale ou obèse, en ajoutant une pression additionnelle sur l'abdomen, peut être à l'origine d'une incontinence ou l'aggraver. Votre fournisseur en soins de santé pourrait vous recommander de perdre du poids pour diminuer la fréquence de vos fuites urinaires.

    la combinaison des exercices de Kegel et du programme d'entraînement comportemental : ces deux thérapies sont parfois associées à la rétroaction biologique. De tels traitements requièrent une forte détermination et un réel engagement, mais le résultat en vaut souvent la peine.

    les médicaments : lorsque les exercices ou l'entraînement comportemental ne suffisent pas, les médecins peuvent proposer un traitement médicamenteux. Certains médicaments préviennent les contractions de la vessie, tandis que d'autres aident à accroître la capacité de la vessie. L'automédication à l'aide de médicaments vendus sans ordonnance est vivement déconseillée. Si vous présentez les symptômes de l'incontinence, mieux vaut consulter votre médecin pour obtenir un traitement approprié.

    On utilise les médicaments suivants pour traiter l'incontinence, notamment :

    • les antispasmodiques (par ex. l'oxybutinine*, la toltérodine, la solifénacine, le trospium) aident à accroître la capacité de stockage de la vessie et à réduire les spasmes de la vessie, retardant ainsi l'envie urgente d'uriner
    • les alpha-bloquants (par ex. la térazosine, la tamsulosine) peuvent servir à faciliter l'écoulement de l'urine
    • le mirabégron pour aider à détendre les muscles lisses de la vessie
    • le botox pour traiter l'incontinence impérieuse
    • les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase (par ex. le dutastéride ou le finastéride) aide à diminuer la taille de la prostate chez les hommes atteints de HBP
    • l'opération de la vessie : la chirurgie reste le traitement le plus efficace pour les personnes atteintes d'incontinence d'effort. Il existe différents types d'interventions chirurgicales et il revient au médecin de déterminer laquelle est la mieux adaptée à chaque cas.

    Il existe d'autres options de traitement pour l'incontinence urinaire, notamment : les pessaires, le cathétérisme et la stimulation électrique. Prévenir la constipation par un régime alimentaire riche en fibres peut également aider dans le traitement de ces symptômes.

    Conseils pratiques pour gérer l'incontinence au quotidien :

    • Évitez les aliments ou les boissons qui augmentent le besoin d'uriner ou qui sont susceptibles d'irriter la vessie (café, thé et alcool, par exemple).
    • Évitez de fumer ou diminuez votre quantité de cigarettes car cela peut aggraver l'incontinence urinaire ou potentiellement accroitre votre risque d'en développer.
    • Évitez ou modérez les activités intenses, particulièrement si vous êtes atteint d'incontinence d'effort et ce, jusqu'à ce que vos symptômes s'améliorent.
    • Planifier des moments spécifiques pour vider votre vessie en plus de le faire avant d'aller vous coucher peut s'avérer utile dans la gestion de l'incontinence.
    • Buvez des liquides en petites quantités tout au long de la journée et de manière régulière, mais limitez l'apport hydrique deux à trois heures avant le coucher.
    • Lorsque vous urinez, faites en sorte de vider complètement la vessie et donnez une poussée supplémentaire pour évacuer les dernières gouttes d'urine.
    • Avant de commencer à utiliser des serviettes absorbantes ou des couches pour adultes, veuillez en discuter avec votre médecin afin de vous assurer que vous recevez un traitement approprié.

    * Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (le nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre pharmathèque. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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