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Au sujet des chatouilles

© 1996-2014 MediResource Inc.

Un chatouillement peut titiller ou traumatiser (c'est probablement le cas si vous aviez une grande sœur qui avait l'habitude de vous clouer au sol pour vous infliger le supplice des chatouilles). Les sensations de chatouillement se classent dans 2 catégories dont le nom prête à rire : la knismésie qui résulte d'un attouchement aussi léger que celui d'une plume, et la gargalésie qui est le type de chatouillement à l'origine du gros rire qui semble provenir du plus profond des entrailles. Un sujet comme le chatouillement est fascinant, il nous pousse à nous demander pourquoi un toucher déclenche le rire et pourquoi nous ne pouvons pas nous chatouiller.

De toute façon, pourquoi rions-nous à la pression et à la palpation et à l'effleurement de notre peau? Qu'y a-t-il de drôle au sujet des chatouilles? Y aurait-il un rapport entre l'humeur et le toucher? Certains chercheurs pensent aux chatouilles dans le cadre des jeux de combat, pour eux c'est une façon aimable et sans danger d'apprendre à nous défendre. D'autres croient que les sourires et le rire déclenchés par le chatouillement diffèrent des sourires et du rire suscités par une bonne plaisanterie ou un moment de bonheur. Ces fous rires et ces grands sourires seraient-ils davantage apparentés au rire nerveux ou à une expression de la soumission à une autorité supérieure? Ce serait possible, étant donné que presque tout le monde a subi des chatouilles jusqu'au point d'en ressentir de la douleur et d'implorer grâce.

Quant à savoir pourquoi nous ne pouvons pas nous chatouiller, c'est peut-être tout simplement parce que notre cerveau est étonnamment intelligent et réceptif. Quand quelqu'un d'autre nous chatouille, notre cerveau n'a pas suffisamment de temps pour élaborer une réponse calme et mesurée. En revanche, nous sommes nombreux à adopter le mode de réaction réflexe qui se traduit par le fou rire, le rire, des secouements et finalement par une retraite qui semble motivée par de réelles douleurs. Mais quand nous essayons de nous chatouiller, on estime qu'une aire du cerveau prévoit l'action et se prépare en conséquence. Il semble que la surprise combinée à l'incertitude devienne un facteur qui retarde suffisamment la réaction du cerveau pour que la réponse réflexe au chatouillement entre en action.

On pourrait penser que les études menées sur les chatouilles sont une façon ridicule d'employer le temps des chercheurs, mais elles ont permis d'élaborer des théories très intéressantes sur les troubles du cerveau, notamment la schizophrénie. En examinant le cerveau des personnes qui entendent des voix, ou qui sont en proie au délire, il est apparu que cette capacité prédictive ne fonctionne pas bien. Une personne peut percevoir comme une « voix » une pensée particulière parce qu'il lui manque la sensibilisation nécessaire pour la reconnaître comme une pensée qu'elle a générée elle-même – c'est en quelque sorte comme si elle pouvait se chatouiller. Qui aurait cru que les chatouilles pourraient être aussi révélatrices ?

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